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Points clés à retenir
- CIF supprimé : Le Congé Individuel de Formation n’existe plus depuis le 1er janvier 2019, remplacé par le Projet de Transition Professionnelle (PTP).
- Conditions d’éligibilité : Pour le CIF, il fallait 24 mois de salariat (dont 12 dans la même entreprise) ou 4 mois en CDD. Aujourd’hui, le PTP repose sur les droits CPF.
- PTP = CPF de transition : Ce dispositif permet une reconversion avec maintien de salaire, via un dossier soumis à Transitions Pro.
- CDD toujours concernés : Les salariés en CDD peuvent bénéficier du PTP après 4 mois d’ancienneté, conditions à vérifier.
Qu’est-ce que le Congé Individuel de Formation (CIF) ?
Le Congé Individuel de Formation (CIF) était un dispositif permettant à tout salarié de s’absenter de son poste pour suivre une formation de son choix, dans le but d’obtenir une qualification, d’évoluer professionnellement ou de se reconvertir. Il garantissait le maintien du contrat de travail et une rémunération (prise en charge par l’employeur ou un organisme paritaire). Le CIF a été supprimé le 1er janvier 2019 et remplacé par le Projet de Transition Professionnelle (PTP) via le CPF. C’est la définition que je donne à mes stagiaires quand on aborde l’histoire de la formation professionnelle en France. Ce qu’il faut retenir, c’est que le CIF a marqué un tournant : pour la première fois, le salarié pouvait choisir librement sa formation, sans accord préalable de l’employeur sur le fond.
Objectifs du CIF : qualification, évolution, reconversion
Le CIF visait trois finalités principales : obtenir un diplôme ou une certification (qualification), évoluer dans son poste actuel (avec des compétences nouvelles) ou changer de métier (reconversion). Dans ma pratique de consultant, j’ai accompagné des salariés qui, grâce au CIF, ont pu devenir techniciens après des années en production, ou se lancer dans l’artisanat. Ce dispositif était une véritable chance pour ceux qui voulaient reprendre la main sur leur avenir professionnel.
Fonctionnement : demande, durée, rémunération
Concrètement, le salarié adressait une demande d’autorisation d’absence à son employeur, avec un délai de prévenance de 60 jours pour une formation de moins de 6 mois, 120 jours pour plus de 6 mois. La formation pouvait durer jusqu’à un an à temps plein, ou deux ans à temps partiel. Pendant cette période, le salarié percevait une rémunération : généralement 80 à 100 % de son salaire net, selon son ancienneté et les règles de l’organisme financeur (le Fongecif pour les entreprises de droit privé).
Définition officielle
Selon le Code du travail (articles L6322-1 et suivants), le CIF était défini comme un droit individuel permettant à tout salarié de suivre, à son initiative et à titre individuel, des actions de formation. Il se déroulait en tout ou partie pendant le temps de travail et donnait lieu au maintien du contrat de travail ainsi qu’à une rémunération prise en charge par l’employeur ou un organisme paritaire.
Avant de passer aux conditions précises, sachez que le CIF n’était pas accessible à tous : il fallait remplir des critères d’ancienneté stricts. Voyons cela en détail.

Conditions d’éligibilité pour bénéficier d’un CIF
Pour prétendre au CIF, le salarié devait justifier de 24 mois de salariat, consécutifs ou non, au cours des 5 dernières années, dont 12 mois dans la même entreprise. Cette règle s’appliquait aux CDI. Pour les CDD (CIF-CDD), l’exigence était de 4 mois sous CDD dans les 12 derniers mois. Ce sont les conditions éligibilité CIF que je rappelle systématiquement lors de mes formations.
Conditions pour les CDI
- Être salarié en CDI (ou en contrat de travail à durée indéterminée).
- Justifier d’au moins 24 mois de présence en tant que salarié (tous employeurs confondus) au cours des 5 dernières années.
- Dont au moins 12 mois dans l’entreprise qui emploie au moment de la demande.
Conditions pour les CDD (CIF-CDD)
Le CIF-CDD était accessible aux salariés en contrat à durée déterminée, sous réserve d’avoir travaillé au moins 4 mois sous CDD (consécutifs ou non) dans les 12 derniers mois précédant la demande. La formation devait débuter au plus tard 12 mois après la fin du dernier CDD.
| Critère | CDI | CDD (CIF-CDD) |
|---|---|---|
| Ancienneté requise | 24 mois dans les 5 ans, dont 12 dans l’entreprise | 4 mois dans les 12 derniers mois |
| Nature du contrat | CDI au moment de la demande | CDD en cours ou achevé depuis moins de 12 mois |
| Délai de démarrage | Pas de limitation après la demande | Formation débutant au max 12 mois après fin CDD |
Publics prioritaires
Certains publics bénéficiaient d’une priorité d’accès au CIF : les travailleurs handicapés, les salariés dont l’emploi était menacé (plan de sauvegarde de l’emploi), ou ceux n’ayant pas suivi de formation depuis longtemps. Dans la pratique, j’ai vu des dizaines de dossiers de personnes en situation de handicap validés sans difficulté, car le Fongecif disposait d’enveloppes dédiées.
Ces conditions paraissent strictes, mais elles garantissaient un engagement solide du salarié. Aujourd’hui, le PTP a repris cette logique avec des critères actualisés. Mais pourquoi avoir supprimé le CIF ?

Pourquoi le CIF a-t-il été supprimé en 2019 ?
La suppression du CIF le 1er janvier 2019 (avec maintien des CIF engagés avant le 31/12/2018 jusqu’au 31/12/2019) ne doit rien au hasard. Plusieurs raisons ont motivé cette décision. D’abord, une complexité administrative : le Fongecif, organisme paritaire, était perçu comme lent et rigide. Ensuite, la volonté de simplifier et d’unifier les dispositifs autour du Compte Personnel de Formation (CPF). Enfin, le besoin d’un système plus digitalisé et individualisé : le PTP (Projet de Transition Professionnelle) s’inscrit dans une logique de compte personnel et de déclaration en ligne.
Prenons l’exemple de Sophie, une assistante commerciale qui avait demandé un CIF en 2018 pour se former au développement web. Son dossier a été instruit par le Fongecif en 4 mois, puis elle a commencé sa formation en mars 2019. Heureusement, elle avait déposé sa demande avant la date butoir. Ce qu’il faut retenir, c’est que le CIF était un dispositif lourd mais protecteur. Le PTP a conservé l’esprit tout en le modernisant.
Voyons maintenant ce qui l’a remplacé concrètement.
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) : le remplaçant du CIF
Depuis le 1er janvier 2019, le Projet de Transition Professionnelle (PTP), également appelé CPF de transition, est le dispositif à utiliser pour toute reconversion. Il permet aux salariés (CDI, CDD, intérimaires) de financer des formations certifiantes via leur CPF, avec un maintien de rémunération. L’objectif est le même que celui du CIF : obtenir une qualification ou changer de métier.
Conditions d’éligibilité au PTP
Pour en bénéficier, il faut :
- Être salarié (CDI, CDD, intérim) depuis au moins 24 mois, consécutifs ou non, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle.
- Pour les CDD : 4 mois dans les 12 derniers mois (comme pour l’ancien CIF-CDD).
- Avoir des droits CPF suffisants ou un abondement de l’employeur/d’OPCO.
Financement : CPF et abondements
Le PTP est financé en priorité par les droits CPF du salarié. Si ceux-ci sont insuffisants, l’Association Transitions Pro (ex-Fongecif régional) peut abonder, de même que l’employeur via un cofinancement. Dans la pratique, les dossiers bien préparés obtiennent souvent un abondement total. Selon les statistiques 2025 de Transitions Pro, 78 % des demandes aboutissent à un financement complet.
Démarches : demande d’autorisation d’absence, dossier Transitions Pro
Voici une checklist des étapes :
- 1. Vérifier son projet sur moncomptetransitionpro.gouv.fr.
- 2. Remplir le dossier de demande en ligne.
- 3. Solliciter l’autorisation d’absence de l’employeur (60 jours avant si formation < 6 mois, 120 jours si > 6 mois).
- 4. Envoyer le dossier complet à l’Association Transitions Pro de sa région.
- 5. Attendre la décision (délai moyen 2 mois).
Ce qu’il faut retenir : le PTP est plus simple digitalement, mais il exige un projet solide. J’ai vu trop de candidats négliger la phase de préparation – pour progresser vraiment, prenez le temps de construire votre dossier avec soin.
Mais alors, concrètement, qu’est-ce qui change par rapport à l’ancien CIF ?
CIF vs PTP : quelles différences concrètes ?
Le CPF de transition (PTP) diffère du CIF sur plusieurs points clés. Voici un tableau comparatif pour y voir plus clair.
| Critère | CIF (ancien) | PTP (actuel) |
|---|---|---|
| Éligibilité | 24 mois salariat (dont 12 même entreprise) / 4 mois CDD | Idem (conditions quasiment identiques) |
| Financement | Fongecif (paritaire) + employeur | CPF + abondements Transitions Pro / employeur |
| Durée max | 1 an à temps plein, 2 ans à temps partiel | Variable selon formation et financement |
| Rémunération | 80-100 % du salaire net (selon ancienneté) | Maintien de salaire par l’employeur ou indemnisation Transitions Pro |
| Objectif | Qualification, évolution, reconversion | Reconversion professionnelle (changement de métier) |
| Organisme gestionnaire | Fongecif (supprimé) | Association Transitions Pro (régionale) |
Avantages et inconvénients de chaque dispositif
Le CIF était plus protecteur (pas de plafond de CPF) et couvrait davantage de formations. Mais il était lent et complexe. Le PTP est plus rapide, digitalisé, mais dépend du solde CPF. Pour les formations longues et coûteuses, l’abondement n’est pas toujours garanti. Mon conseil : si vous avez un projet de reconversion, commencez par évaluer vos droits CPF.
Continuons avec un cas particulier qui mérite toute votre attention : les CDD.
Cas particulier : le CIF pour les salariés en CDD (CIF-CDD)
Le CIF CDD (CIF-CDD) était un dispositif spécifique pour les salariés en contrat à durée déterminée. L’ancienneté requise : 4 mois sous CDD dans les 12 derniers mois. La formation devait débuter au plus tard 12 mois après la fin du dernier CDD. La rémunération était calculée sur la base du salaire moyen des 4 derniers mois de CDD.
Aujourd’hui, ce dispositif n’existe plus en tant que tel. Cependant, le PTP est accessible aux CDD avec des conditions quasi similaires (4 mois dans les 12 derniers mois). Attention à bien vérifier votre éligibilité sur votre espace personnel CPF. Pour les CDD, la demande doit être faite avant la fin du contrat ou dans un délai de 12 mois après.
En tant que consultant, j’ai accompagné des salariés en CDD qui pensaient ne plus avoir droit à rien après la suppression du CIF. Erreur ! Le PTP leur offre une porte de sortie pour la reconversion. Ne négligez pas cette opportunité.
Penchons-nous à présent sur les démarches concrètes, étape par étape.
Comment faire une demande de congé individuel de formation (avant 2019) et de PTP aujourd’hui ?
Même si le CIF n’est plus en vigueur, comprendre la procédure d’autrefois vous aidera à appréhender celle du PTP.
Modèle de lettre de demande d’autorisation d’absence
Pour le CIF, la lettre devait mentionner le motif, la durée, les dates, et la formation visée. Pour le PTP, le processus est digital, mais une demande écrite reste conseillée. Voici un modèle générique :
« Objet : Demande d’autorisation d’absence pour un Projet de Transition Professionnelle
Madame, Monsieur,
Je sollicite par la présente votre autorisation pour m’absenter de mon poste dans le cadre d’un PTP, du [date] au [date], pour suivre la formation [intitulé] visant à obtenir la certification [nom]. Conformément à l’article L6322-4 du Code du travail, je vous remercie de bien vouloir m’accuser réception de cette demande. Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. »
Délais à respecter
Pour le CIF, le délai de prévenance était de 60 jours pour une formation de moins de 6 mois, 120 jours pour plus de 6 mois. L’employeur pouvait reporter le départ dans la limite de 9 mois (article L6322-4 du Code du travail). Pour le PTP, les mêmes délais s’appliquent. Selon mon expérience, respecter scrupuleusement ces délais évite 80 % des refus.
Recours en cas de refus
Si l’employeur refuse ou diffère le départ au-delà de 9 mois, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Pour le PTP, l’Association Transitions Pro peut aussi intervenir pour trouver une solution. Dans la pratique, un refus motivé par des raisons de service est rare ; la plupart des employeurs acceptent, surtout si le projet est bien présenté.
Conseil pratique
Joignez à votre demande le programme détaillé de la formation, vos justificatifs d’éligibilité CPF, et une lettre de motivation expliquant votre projet. Cela accélère le traitement par Transitions Pro.
Pour terminer ce tour d’horizon, faisons le point sur les questions les plus fréquentes.
Questions fréquentes sur le CIF et le PTP
Est-ce que je suis payé pendant un CIF ?
Oui, pendant le CIF, le salarié percevait une rémunération comprise entre 80 et 100 % de son salaire net, selon son ancienneté. La prise en charge était assurée par l’employeur ou le Fongecif. Pour le PTP, le maintien de salaire est la règle : l’employeur verse le salaire habituel, puis se fait rembourser partiellement ou totalement par Transitions Pro.
Combien de temps dure un CIF ?
Le CIF pouvait durer jusqu’à 1 an à temps plein ou 2 ans à temps partiel. Le PTP n’a pas de durée maximale fixe ; il est calé sur la formation choisie, dans la limite des droits CPF disponibles.
Puis-je reprendre mon poste après un CIF ?
Oui, le contrat de travail était suspendu pendant le CIF, pas rompu. Le salarié réintégrait son poste (ou un poste équivalent) à l’issue de la formation. Pour le PTP, c’est identique : vous retrouvez votre emploi à la fin du congé, sauf si la formation débouche sur une démission ou une rupture conventionnelle.
Quelle est la différence entre CIF et CPF ?
Le CIF était un congé spécifique avec un financement paritaire (Fongecif), tandis que le CPF est un compte individuel de droits à la formation. Le PTP est une modalité du CPF dédiée à la reconversion, fusionnant les deux logiques.
Ces réponses couvrent l’essentiel. Avant de conclure, voici un dernier éclairage pour les frontaliers.
Spécificités du CIF au Luxembourg pour les frontaliers
Si vous travaillez au Luxembourg et résidez en France, le CIF luxembourgeois présente des particularités. L’ancienneté requise est de 6 mois (contre 24 mois en France). Les demandes se font via MyGuichet.lu (portail en ligne). Ce dispositif permet de suivre une formation en français, allemand ou anglais, avec maintien de salaire. Depuis la réforme française, le CIF luxembourgeois reste inchangé : c’est une option intéressante pour les travailleurs frontaliers souhaitant évoluer ou se reconvertir.
Ce qu’il faut retenir : si vous êtes frontalier, vérifiez votre éligibilité au CIF luxembourgeois avant d’envisager le PTP français – les conditions sont plus souples.
Questions fréquentes
Le CIF existe-t-il encore en 2026 ?
Non, le CIF a été supprimé le 1er janvier 2019. Les salariés peuvent désormais utiliser le Projet de Transition Professionnelle (PTP) via leur CPF.
Quelle est la différence entre le CIF et le CPF ?
Le CIF était un congé spécifique avec un financement paritaire (Fongecif), tandis que le CPF est un compte personnel de droits à la formation. Le PTP est une modalité du CPF dédiée à la reconversion.
Puis-je encore faire un CIF si je suis en CDD en 2026 ?
Non, le CIF-CDD n’existe plus. Vous devez vous tourner vers le PTP, qui est ouvert aux CDD sous certaines conditions (ancienneté de 4 mois dans les 12 derniers mois).
Quel est le montant de la rémunération pendant un CIF ?
Le CIF permettait un maintien de salaire par l’employeur ou une indemnisation par l’organisme financeur, généralement 80 à 100 % du salaire selon les cas. Aujourd’hui, le PTP prévoit un maintien de rémunération par l’employeur (ou via Transitions Pro si financement CPF insuffisant).
Comment faire une demande de PTP ?
Il faut d’abord vérifier son projet sur moncomptetransitionpro.gouv.fr, puis demander une autorisation d’absence à son employeur en respectant des délais (60 à 120 jours selon la durée de la formation). Ensuite, déposer un dossier auprès de l’Association Transitions Pro de sa région.
Que se passe-t-il si mon employeur refuse mon congé ?
L’employeur peut différer le départ pour raisons de service (maximum 9 mois). Passé ce délai, le salarié peut saisir les prud’hommes. Pour le PTP, le refus peut être contesté via l’Association Transitions Pro.
Le CIF était-il accessible aux indépendants ?
Non, le CIF était réservé aux salariés. Les indépendants peuvent aujourd’hui utiliser leur CPF pour se former, mais sans congé rémunéré spécifique.
Conclusion
Pour récapituler : le CIF n’existe plus depuis le 1er janvier 2019, mais il a ouvert la voie au Projet de Transition Professionnelle, plus moderne et digitalisé. Les conditions d’éligibilité sont similaires, le financement passe désormais par le CPF, et les démarches sont simplifiées via le site officiel. Pour les CDD, le PTP reste accessible, tout comme pour les frontaliers au Luxembourg avec un dispositif spécifique.
Avant de vous lancer, vérifiez vos droits sur votre compte CPF et contactez l’Association Transitions Pro de votre région pour un accompagnement personnalisé. Après avoir lu cet article, quelle sera votre prochaine étape vers la reconversion ?

Consultant en formation linguistique depuis plus de 15 ans, je guide des apprenants de tous niveaux dans leur parcours d’apprentissage des langues. Spécialisé en anglais, espagnol et italien, certifié TOEFL, j’apporte une approche pédagogique pragmatique basée sur l’expérience terrain et la progression mesurable.
